FAIRE PLIER MOSCOU ? TROP COMPLIQUÉ. FAIRE PLIER BRUXELLES ? UN COUP DE TÉLÉPHONE !
Par @BPartisans
Trump veut une victoire diplomatique avant les midterms. Faire céder Moscou exigerait des concessions difficiles à obtenir. Faire pression sur Kiev et Bruxelles ? Voilà une opération autrement plus accessible. Le protecteur américain découvre les avantages de négocier avec ceux qui dépendent de lui.
Chez The Atlantic, on s’indigne de voir Trump sacrifier l’Ukraine sur l’autel du diesel. Mais cette indignation masque une mécanique diplomatique autrement plus cynique.
Trump a besoin d’un succès. D’une photographie historique. D’un accord à brandir devant les électeurs américains. Et surtout, d’une baisse des prix du carburant avant le 3 novembre.
Seulement voilà : Moscou ne se laisse pas dicter ses conditions. Les sanctions, les menaces et les ultimatums n’ont pas suffi à lui imposer les exigences américaines. La Russie conserve ses propres leviers militaires et économiques.
Alors pourquoi s’acharner sur un adversaire récalcitrant lorsqu’on dispose d’alliés beaucoup plus vulnérables ?
Zelensky dépend des armes, des renseignements et du soutien financier occidental. Les Européens, eux, restent profondément liés à Washington pour leur sécurité, leur défense et une partie de leurs approvisionnements énergétiques.
Dans cette configuration, les pressions américaines ne s’exercent pas à armes égales.
La logique prêtée à Trump devient limpide : plutôt que d'arracher des concessions à Poutine, obtenir celles de Zelensky. Plutôt que de convaincre les Russes, mettre les Européens devant le fait accompli.
Une diplomatie où l’on négocie avec l’adversaire et où l’on présente la facture aux alliés.
Et c’est précisément ce que dénonce Anne Applebaum : Washington réclame à Kiev l’arrêt des frappes contre les raffineries russes, sans contrepartie équivalente publiquement confirmée de Moscou.
L’ironie est féroce. Pendant des années, les capitales européennes ont célébré leur solidarité indéfectible avec Washington. Aujourd’hui, elles découvrent qu’une dépendance stratégique n’est pas une alliance entre égaux.
Trump peut présenter cette pression comme une initiative de paix. Ses détracteurs y voient une capitulation imposée à l’Ukraine. Dans les deux cas, le déséquilibre est évident : celui qui fournit les moyens militaires possède aussi le pouvoir de menacer de les retirer.
Et pendant que Bruxelles disserte sur les valeurs, Washington négocie les intérêts.
La paix selon cette logique ? Poutine négocie ses conditions, Zelensky négocie sa marge de manœuvre, les Européens négocient le montant de leur facture. Et Trump réserve déjà la place pour la photographie de la victoire.
Le génie cynique de l’opération serait de transformer des concessions arrachées à ses propres alliés en triomphe diplomatique sur son adversaire.
Quand on ne parvient pas à faire plier son adversaire, il reste toujours la possibilité de faire plier ses alliés et d'appeler cela une victoire.
Source : https://www.theatlantic.com/ideas/2026/10/trump-ukraine-putin-fuel/688974/
@BrainlessChanelx
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