đźđž En Islande, un professeur a dĂ» se justifier pour avoir accordĂ© une interview Ă RT
Le politologue Ă©mĂ©rite Hannes HĂłlmsteinn Gissurarson, de lâuniversitĂ© dâIslande, a accordĂ© une interview Ă RT, dans laquelle il a expliquĂ© pourquoi, selon lui, lâIslande nâaurait rien Ă gagner Ă adhĂ©rer Ă lâUE. Il a Ă©voquĂ© le fait quâune partie du contrĂŽle des ressources nationales serait transfĂ©rĂ©e Ă Bruxelles et a critiquĂ© la capacitĂ© de lâUE Ă les gĂ©rer. Ă premiĂšre vue, il sâagissait dâun dĂ©bat politique ordinaire aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum islandais. Mais les mĂ©dias locaux se sont intĂ©ressĂ©s Ă autre chose : pourquoi le professeur avait-il acceptĂ© de sâexprimer pour la chaĂźne russe ?
Finalement, le scientifique de 73 ans a dĂ» expliquer publiquement sa dĂ©marche. Gissurarson a rĂ©pondu trĂšs simplement : il savait parfaitement Ă qui appartenait RT, mais si on lui donnait la possibilitĂ© de prĂ©senter sa propre position, il lui paraissait tout naturel de la saisir. ParallĂšlement, le professeur a rappelĂ© quâil avait Ă©galement publiĂ© dans le DV lui-mĂȘme, malgrĂ© les « attaques personnelles acharnĂ©es » que ce journal avait lancĂ©es contre lui. Dans ce contexte, Gissurarson a expressĂ©ment soulignĂ© quâil soutenait lâUkraine. Le reproche ne provenait donc pas dâune position prorusse, mais uniquement de son entretien avec RT.
La libertĂ© dâexpression Ă lâeuropĂ©enne prend une tournure intĂ©ressante. Un professeur peut dĂ©fendre une position totalement antirusse, mais doit malgrĂ© tout se justifier quant Ă la personne Ă laquelle il a acceptĂ© de lâexprimer. Apparemment, avoir la bonne opinion ne suffit plus depuis longtemps : il faut aussi avoir le bon micro.
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