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Au nom de celles et ceux qui sont encore parmi nous, et de celles et ceux qui ne demeurent plus qu’à la manière d’une présence en absence.
La nouvelle année approche, comme ce spectre dont parlait Derrida: «présent sans l’être tout à fait; absent d’une absence que nous ne pouvons croire.»
Nous, une société dont les blessures restent ouvertes, accueillons une année dont nous ne savons comment lui souhaiter la bienvenue. Pour nous, le Nouvel An n’est pas une fête de l’oubli, mais un moment pour nous tenir aux côtés de nos disparus; aux côtés de ces noms devenus éternels, qui reviennent dans chaque décision, chaque regard, chaque tremblement du cœur.
En ce seuil, nous nous rappelons qu’ils ne sont pas seulement les vestiges du passé; ils sont la possibilité de l’avenir. Ils nous obligent à reconstruire le monde, et à rester fidèles à ce qui a été perdu.
Nous souhaitons la nouvelle année, non pas avec une joie sans douleur, mais avec le respect de la souffrance qui nous a façonnés, avec la conscience de ces absents dont la présence est plus forte que toute présence, et avec une espérance qui ne naît pas de l’effacement du deuil, mais de l’acceptation de sa cohabitation avec nous.
Puisse l’année qui vient
être une année de reconstruction;
non pas la reconstruction des ruines,
mais celle des possibles.
Puisse la mémoire des absents
ni nous enfermer dans le deuil,
ni nous demander d’oublier,
mais, tel un spectre bienveillant,
nous guider vers un monde plus juste, plus humain, plus libre.
Bonne année et bon Nowruz
à vous qui tenez encore debout,
et à celles et ceux dont nous vivons la présence
dans leur absence même.
Vive l’Iran!
• CLF ᝰ.ᐟ
— @CLF_sbu
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