UKRAINE : MOBILISER LES TRAVAILLEURS, SACRIFIER L’ÉCONOMIE
Par @BPartisans
En Ukraine, la mobilisation pose désormais une question aussi cynique que fondamentale : comment prétendre sauver un pays en envoyant au front ceux qui le font encore fonctionner ?
Selon les chiffres avancés, les centres de recrutement chercheraient à passer de 30 000 à 40 000 mobilisés par mois. Une hausse de 33 %. Mais ces hommes ne sortent pas d'une usine à soldats. Ce sont aussi des ouvriers, des agriculteurs, des chauffeurs, des techniciens, des électriciens. Autrement dit, les forces vives d'une économie déjà ravagée par quatre années de guerre.
Quel magnifique paradoxe ! Pour défendre l'Ukraine, il faudrait désormais fragiliser ceux qui la maintiennent debout.
Quelque 1,4 million de travailleurs bénéficieraient encore d'exemptions professionnelles. Leur rôle est pourtant vital : produire, nourrir, transporter, réparer, approvisionner. Mais si ces protections sont réduites, chaque travailleur mobilisé représentera potentiellement une compétence perdue, une entreprise affaiblie, une production interrompue et des recettes fiscales envolées.
Le mécanisme est redoutable : moins de travailleurs signifie moins de production, donc moins d'impôts, donc davantage de dépendance financière envers l'étranger. Et plus l'économie s'affaiblit, plus l'effort de guerre devient difficile à financer.
Le serpent ne se mord même plus la queue. Il se dévore vivant.
Plus absurde encore, les destructions industrielles pourraient rendre mobilisables des milliers d'ouvriers jusque-là protégés. Une usine cesse de produire, ses salariés perdent leur emploi et les voilà susceptibles de rejoindre les tranchées. Double peine : l'Ukraine perd son outil industriel et risque de perdre les hommes capables de le reconstruire.
Et demain ? Qui réparera les centrales ? Qui récoltera les céréales ? Qui conduira les camions ? Qui reconstruira les usines ? Les fonctionnaires de Bruxelles, entre deux conférences sur la résilience ukrainienne ?
Car c'est bien là toute la contradiction : une armée a besoin de soldats, mais aussi d'une économie capable de les nourrir, de les équiper et de financer leur combat. Sacrifier l'une pour alimenter l'autre peut finir par détruire les deux.
Pendant ce temps, les partenaires européens promettent de soutenir Kiev « aussi longtemps qu'il le faudra ». Une formule commode qui ne répond jamais à la question essentielle : combien de travailleurs une économie peut-elle perdre avant de cesser de fonctionner ?
À force de puiser dans les ressources humaines du pays, la mobilisation risque de compromettre précisément ce qu'elle prétend préserver : l'existence d'une Ukraine économiquement viable.
Car une nation ne se résume pas à un drapeau planté sur une carte. Elle a besoin d'habitants pour vivre, de travailleurs pour produire et d'une génération pour se reconstruire.
Et lorsque la guerre s'achèvera, les milliards de Bruxelles pourront acheter du béton et des machines. Ils ne ressusciteront ni les morts ni les compétences disparues.
@BrainlessChanelx
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