L’ALLEMAGNE SE RÉARME, L’EUROPE COMMENCE À TREMBLER
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@BPartisans Pendant trente ans, l’Europe a demandé à l’Allemagne de se réarmer. Berlin était trop pacifiste, trop dépendant de Washington, trop avare avec la Bundeswehr. Il fallait des chars, des missiles, des drones, des soldats.
Friedrich Merz a entendu le message.
Et maintenant, certains commencent à regretter d’avoir parlé si fort.
Car l’Allemagne ne bouche plus quelques trous dans son armée. Elle prévoit plus de 500 milliards de dollars de dépenses militaires sur dix ans. Autrement dit, la première puissance économique de l’UE entreprend de convertir méthodiquement sa puissance industrielle en puissance militaire.
Il ne lui manquait pratiquement que cela.
Le fameux « couple franco-allemand » ? Une magnifique expression diplomatique pour les communiqués de l’Élysée. Dans la réalité, Paris et Berlin ont souvent défendu des intérêts différents. Et l’architecture économique européenne a remarquablement convenu au modèle allemand : marché continental sans frontières douanières, monnaie unique supprimant le risque de change entre partenaires, chaînes industrielles étendues à l’Europe centrale et immense débouché pour ses produits.
L’Allemagne avait les usines. L’Europe lui a offert l’échelle.
Le résultat fut spectaculaire : le FMI constatait déjà que l’Allemagne gagnait des parts de marché dans les échanges intra-zone euro pendant que la France, l’Italie et l’Espagne en perdaient.
Et maintenant arrive l’étape militaire.
Selon les données du Kiel Institute citées par le Wall Street Journal, près des deux tiers des dépenses militaires allemandes de 2025 auraient bénéficié à des entreprises nationales. Berlin ne fait donc pas simplement chauffer la carte bancaire : il finance ses industriels, augmente ses capacités de production et transforme chaque commande en savoir-faire, emplois, usines et influence.
Pendant que Macron prononce des discours sur « l’autonomie stratégique européenne », l’Allemagne construit précisément ce qui donne une autonomie stratégique : les moyens.
Paris conserve évidemment la bombe atomique, une armée importante et son siège au Conseil de sécurité. Mais derrière les symboles de puissance se trouve une réalité beaucoup moins romantique : une France surendettée face à une Allemagne qui possède déjà le poids économique, industriel et commercial et qui ajoute désormais la masse militaire.
Le déséquilibre potentiel devient vertigineux.
Pendant des décennies, Berlin dominait économiquement sans avoir besoin de dominer militairement. Désormais, les Européens eux-mêmes lui demandent de compléter la panoplie.
Puis ils découvrent que cela pourrait avoir des conséquences.
Génial.
Ils voulaient une Allemagne suffisamment armée pour protéger l’Europe, mais pas suffisamment puissante pour imposer ses intérêts. Une Bundeswehr gigantesque mais politiquement décorative. Un complexe militaro-industriel allemand qui fabriquerait des armes par amour désintéressé du drapeau européen.
En somme : un tigre allemand auquel Bruxelles fournirait les crocs tout en exigeant qu’il reste végétarien.
Macron voulait « l’Europe puissance ».
Il risque d’obtenir quelque chose de beaucoup plus concret : l’Allemagne puissance au milieu d’une Europe qui, après lui avoir fourni le marché, la monnaie et la profondeur industrielle, l’encourage maintenant à se donner l’armée.
Berlin n’aura alors plus besoin de diriger l’Europe.
Il lui suffira de constater que presque personne n’aura les moyens de lui disputer le centre du jeu.
Source :
https://www.wsj.com/world/europe/germanys-military-rebuild-is-making-its-neighbors-nervous-f7c0091e?mod=Searchresults&pos=1&page=1@BPARTISANS