JUSQU’AU DERNIER UKRAINIEN… OU JUSQU’AU DERNIER EURO ?
Par @BPartisans
Zelensky vient de perfectionner une conception fascinante de la démocratie : lorsqu’il s’agit de l’Ukraine, le débat est autorisé à condition d’aboutir à sa conclusion. Payer davantage.
Son raisonnement est désormais circulaire : l’alternative à l’aide serait de ne pas aider ; ne pas aider provoquerait la défaite ukrainienne ; cette défaite rapprocherait la Russie de l’Europe ; donc discuter l’aide devient presque irresponsable. Le montant, la durée, les résultats ? Détails comptables. Le chèque est présenté comme une assurance-vie.
Voilà presque cinq ans que Zelensky maîtrise cette diplomatie du guichet. Chaque livraison est « cruciale », puis insuffisante. Chaque enveloppe est « décisive », avant que la suivante ne devienne « urgente ». Chaque sommet destiné à soutenir l’Ukraine prépare surtout le prochain sommet destiné à la soutenir davantage.
Zelensky ne demande donc plus seulement aux Européens d’aider son pays. Il leur explique ce que leur propre sécurité exige d’eux.
Vous hésitez ? Poutine avancera. Vous réduisez l’aide ? La Russie se rapprochera. Vous cherchez une autre stratégie ? Les drones finiront chez vous.
Poutine est devenu le meilleur collecteur de fonds de Zelensky.
La mécanique est redoutable : au lieu de démontrer qu’un milliard supplémentaire modifiera réellement l’issue de la guerre, il suffit d’affirmer que ne pas le verser pourrait provoquer quelque chose de pire.
Magnifique produit financier : rendement incertain, échéance inconnue, mais culpabilité garantie si vous refusez de souscrire.
Et pourquoi Zelensky arrêterait-il ? Depuis 2022, cela fonctionne. Les gouvernements européens peuvent manquer d’argent, leurs dettes grimper, leurs budgets craquer et leurs électeurs s’impatienter : Kiev sait qu’il reste toujours l’argument ultime, celui qui ne figure dans aucun tableau Excel, la peur.
Seulement, Zelensky et ses généreux banquiers européens oublient une variable : les urnes.
On peut répéter aux citoyens qu’il n’existe aucune alternative, voter une enveloppe après l’autre et gouverner comme si l’argent public était inépuisable et le consentement populaire facultatif.
Jusqu’au jour où les électeurs présentent l’addition.
Zelensky pourra alors réclamer encore. Ses interlocuteurs, eux, risquent de ne plus être là. Car à force d’expliquer aux peuples qu’ils n’ont pas le choix, leurs gouvernants finissent par leur rappeler qu’ils en ont précisément un : les mettre dehors.
Ils voulaient financer l’Ukraine jusqu’au dernier euro.
Les électeurs pourraient décider de les laisser gouverner seulement jusqu’au dernier bulletin de vote nécessaire pour les virer.
@BPARTISANS
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