ON A RETROUVÉ LA 7e COMPAGNIE — VERSION BALTE
Par @BPartisans
On croyait La 7e Compagnie définitivement rangée au patrimoine du cinéma français. Erreur. L’Europe prépare le remake. Budget colossal, décors baltes et figurants par millions. Même scénario : beaucoup de bravoure dans les paroles et, au moment décisif, cette question essentielle : « Chef, on passe par où ? »
Écoutez les discours : pas un centimètre carré ne sera abandonné. L’OTAN défendra chaque frontière. La Russie sera dissuadée, contenue, repoussée. Les dirigeants baltes parlent en sentinelles de Sparte, les généraux montrent leurs cartes, les ministres bombent le torse. Bref, personne ne reculera.
Puis les micros s’éteignent.
Et là, changement de film : combien de voitures peut-on faire passer en Pologne ? Combien de trains ? Quels postes-frontières ? Où héberger les évacués ? Comment les enregistrer ? Comment déplacer les personnels essentiels et maintenir l’administration ?
Devant les caméras : « Nous tiendrons ! »
Dans les ministères : « Élargissez la sortie. »
Préparer l’évacuation des civils est parfaitement rationnel. Ce qui devient délicieusement cruel, c’est de confronter cette réalité au théâtre martial vendu quotidiennement aux populations. Car si l’on travaille sérieusement sur les capacités d’évacuation, c’est précisément parce que les professionnels savent qu’une guerre ne ressemble pas aux déclarations héroïques d’un sommet de l’OTAN.
La guerre réelle, ce sont des routes saturées. Des civils vers l’ouest pendant que les militaires roulent vers l’est. Des blindés derrière des autocars, des camions de munitions coincés parmi les familles et des postes-frontières transformés en parkings géants.
« Mais où est donc passée la brigade ? »
« Derrière les camping-cars, chef ! »
Sur PowerPoint, cela s’appellera probablement « résilience stratégique transfrontalière ». Dans La 7e Compagnie, on avait trouvé plus honnête : « J’ai glissé, chef. »
Voilà donc l’incroyable grand écart européen. À la tribune, on joue Churchill. Dans les bureaux, on calcule les itinéraires de repli. À Bruxelles, on promet de défendre chaque mètre carré. Sur le terrain, on vérifie combien de personnes peuvent quitter ces mêmes mètres carrés à l’heure.
La fermeté est pour les communiqués.
Les plans B sont pour ceux qui doivent gérer les conséquences.
Et pendant que les dirigeants expliquent qu’ils ne reculeront jamais, leurs administrations accomplissent une tâche infiniment plus sérieuse : prévoir méthodiquement comment reculer si tout tourne mal.
Après Mais où est donc passée la 7e Compagnie ?, voici donc le remake balte :
« Mais où est donc passée la population ? »
Réponse : elle suivait simplement le plan préparé par ceux qui juraient qu’on ne reculerait jamais.
@BPARTISANS
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