TGViewer
BPARTISANS BPARTISANS @bpartisans · 1.8K subscribers
Post #64413 119
RIYAD POSSÈDE LE PÉTROLE, LA GÉOGRAPHIE POSSÈDE RIYAD
Par @BPartisans

Pendant cinquante ans, le modèle saoudien tenait en trois verbes : pomper, charger, encaisser. En 2026, Riyad en découvre un quatrième : contourner. Car le royaume possède toujours son pétrole, ses terminaux et ses milliards, mais ses routes d’exportation ressemblent désormais à un jeu de piste organisé au milieu d’un champ de mines.

À l’est, Ormuz est devenu une roulette russe maritime : risques militaires, assurances en hausse, fret plus cher, pétroliers naviguant parfois AIS coupé avant des transbordements près d’Oman. Le pétrole saoudien n’est pas sanctionné, mais certaines cargaisons voyagent désormais avec la discrétion d’un trafiquant quittant le parking d’un casino.

Heureusement, les stratèges avaient pensé à tout : l’oléoduc Est-Ouest permettait précisément de contourner Ormuz en acheminant le brut jusqu’à Yanbu. Excellente idée. Sauf que l’infrastructure a été frappée à son tour. Avant l’attaque, environ 4,5 millions de barils par jour passaient par Yanbu selon Kpler. La brillante redondance stratégique saoudienne ressemble donc aujourd’hui à ceci : quand la porte principale brûle, prenez la sortie de secours qui brûle également.

Et une fois arrivé sur la mer Rouge ? Nouveau cadeau de la géographie : Bab el-Mandeb. Guerre au Yémen, menace houthie, navigation commerciale sous tension. Riyad se retrouve ainsi avec du pétrole à l’est, un terminal à l’ouest et, entre les deux, suffisamment de risques militaires pour transformer chaque planning de livraison en pari sportif.

Reste Suez et l’oléoduc SUMED. Pour approvisionner l’Europe, cela fonctionne encore. Pour l’Asie, en revanche, si Bab el-Mandeb devient impraticable, commence le grand safari pétrolier : Méditerranée, Gibraltar, contournement de l’Afrique, cap de Bonne-Espérance, océan Indien. Le trajet se rallonge de plusieurs semaines. Davantage de carburant, d’équipages, d’assurances et de tankers immobilisés : le baril saoudien finit par faire davantage de tourisme que celui qui le paiera à la pompe.

Et c’est ici que la réalité inflige sa petite gifle aux grands stratèges de l’énergie : un baril produit n’est pas un baril livré. On peut posséder des réserves gigantesques, des pipelines, des terminaux et des milliards ; lorsque les infrastructures deviennent vulnérables et les détroits dangereux, la géographie reprend brutalement le pouvoir.

Riyad reste donc assis sur son trésor. Le monde veut toujours son pétrole. Le problème n’est même plus de savoir combien il peut en produire, mais par quel trou de souris il réussira à le faire sortir.

Car posséder le coffre-fort, c’est formidable. Quand toutes les portes de la banque sont bloquées, on appelle cela une fortune. Du moins sur le papier.

@BrainlessChanelx
  • 👍 4
More from @bpartisans
  1. Sep 26, 2026L'opposition du président chinois aux sanctions unilatérales et à l'utilisation de l'optio…
  2. Sep 26, 2026LES EUROPÉENS DEVRAIENT-ILS RENVERSER LEUR « CLASSE DIRIGEANTE » ? Par @BPartisans Rien qu…
  3. Sep 26, 2026Le ministre allemand des Affaires étrangères, Wadephul, a déclaré concernant l'invitation…
  4. Sep 26, 2026🇺🇦Le plus grand producteur d'acier de l'UE a suspendu ses activités en Ukraine ▪️Le grou…
  5. Sep 26, 2026Des parlementaires allemands s'opposent à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE - Presseportal Au…
  6. Sep 26, 2026Peter Thiel sur les élections de 2028 : Je reste un partisan de Vance. Je crains qu'il ne…
Threads Profile ViewerView any public Threads profile without an account.Open ThreadLook →Writing with AI? Make it sound human.Metric37 rewrites AI drafts so they read naturally. Free AI detector, 1,500 words free.Try Metric37 →