BARROT ET LE GRAND MYSTÈRE DES SANCTIONS QUI REVIENNENT
Par @BPartisans
Audiard disait que « les cons, ça ose tout ». Jean-Noël Barrot vient d’ajouter une annexe diplomatique : ils osent même s’indigner quand les conséquences arrivent.
Paris dénonce la mise sous administration provisoire d’entreprises françaises en Russie, décision jugée « sans justification ». Barrot demande donc gravement à Moscou de revenir dessus.
« Sans justification ».
On imagine le ministre devant son dossier, l’air préoccupé : Mais enfin, qu’est-ce qu’on leur a fait ?
Mystère insondable.
Depuis 2022, l’Europe gèle des centaines de milliards d’actifs russes, sanctionne entreprises et particuliers, immobilise des biens, restreint les transactions et utilise déjà les revenus exceptionnels générés par certains avoirs souverains russes immobilisés pour soutenir l’Ukraine. Quant à la confiscation du capital lui-même, elle revient régulièrement dans le débat occidental.
Mais Barrot cherche toujours le mobile.
À ce niveau, ce n’est plus de la diplomatie, c’est « Où est Charlie ? » avec Charlie seul au milieu de la page.
Le principe français est pourtant limpide : quand nous bloquons leurs avoirs, c’est « faire pression » ; quand ils touchent aux nôtres, c’est « sans justification ». Nous sanctionnons : fermeté. Ils ripostent : scandale. Nous transformons l’économie en champ de bataille, puis Barrot débarque au milieu des obus pour demander qui a eu cette idée saugrenue.
Évidemment, gel d’avoirs et administration provisoire ne sont pas juridiquement identiques. Mais prétendre que la décision russe tombe du ciel réclame une amnésie de compétition. Moscou revendique une politique de rétorsion envers les intérêts des pays qu’elle qualifie d’« inamicaux ». On peut la condamner, la contester juridiquement et défendre les entreprises françaises sans se transformer en inspecteur Clouseau cherchant le mobile écrit en lettres géantes sur le mur.
Toute l’absurdité tient là : l’Europe a décidé que l’économie serait une arme en imaginant manifestement que l’adversaire resterait spectateur. Raté. Moscou renvoie la facture et Barrot demande pourquoi. Pas besoin de la DGSE, d’un sommet européen ou d’une cellule interministérielle pour résoudre l’énigme : il suffit d’une mémoire. Visiblement, au Quai d’Orsay, même ça est sous sanctions.
Audiard avait raison : les cons osent tout.
Barrot vient de lancer le boomerang, de le prendre dans la figure et d’adresser une protestation diplomatique au boomerang.
@BPARTISANS
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