UKRAINE : VICTOIRE OU LA MORT... OU LA FUITE
Par @BPartisans
L’Europe voulait une armée ukrainienne inépuisable. Elle découvre un défaut de fabrication : les hommes tiennent parfois davantage à leur vie qu’aux communiqués de Bruxelles.
Depuis 2022, EUMAM tourne comme une chaîne industrielle. Kiev mobilise, l’Europe réceptionne, la Bundeswehr forme, puis le soldat repart vers l’Ukraine avec son petit certificat OTAN et une perspective professionnelle assez simple : le front.
Près de 97 000 Ukrainiens ont été formés dans l’Union, dont environ 29 000 en Allemagne. Seulement, la chaîne commence à perdre quelques pièces en route.
Selon Die Zeit, repris par FOCUS, environ 80 militaires ukrainiens ont quitté leur formation rien qu’en Saxe-Anhalt et, à l’échelle allemande, plusieurs centaines de cas seraient recensés. La Bundeswehr reconnaît elle-même l’existence de ces départs. Certains arrivent donc en Allemagne pour apprendre à combattre et découvrent sur place une spécialité militaire imprévue : disparaître avant le retour.
Voilà qui fait désordre dans la grande fresque héroïque.
Car derrière ces départs apparaissent l’épuisement, les conflits avec la hiérarchie, des mauvais traitements allégués, le rejet de la mobilisation ou, crime suprême contre la géopolitique bruxelloise, l’envie de rejoindre sa famille. Bref, lorsqu’on enlève les uniformes, les drapeaux et les discours, il reste des hommes qui peuvent préférer leurs enfants à leur cercueil.
Depuis quatre ans, les gouvernements européens répètent pourtant que l’Ukraine se battra « aussi longtemps qu’il le faudra ». Formule merveilleuse, surtout lorsqu’elle est prononcée par ceux dont le principal risque professionnel consiste à rater leur voiture avec chauffeur.
Car « aussi longtemps qu’il le faudra » signifie surtout : aussi longtemps qu’il restera quelqu’un d’autre à envoyer.
La machine peut donc continuer. On mobilise un homme, on le forme, on le renvoie. Il disparaît ? On en prend un autre. Il refuse ? Suivant. Et lorsque le système montre ses limites, surtout ne changeons pas de politique : augmentons les moyens.
C’est le génie bureaucratique européen : même lorsqu’une stratégie s’essouffle, elle devient l’argument de son propre financement.
Et ceux qui fuient découvrent alors l’autre visage de « l’Europe des valeurs ». Tant qu’ils acceptent l’uniforme, les armes et le retour au front, ils incarnent notre liberté. Dès qu’ils exercent la leur en refusant de combattre, commencent l’asile, les procédures et l’incertitude du séjour.
Le soldat ukrainien est donc libre.
Libre de combattre.
Libre de mourir.
Et s’il choisit une troisième option, Bruxelles sort le formulaire.
Car dans cette guerre, l’Europe fournit l’argent, les discours et les valeurs. Kiev fournit les hommes.
Et les hommes commencent parfois à comprendre qu’ils sont la seule ligne budgétaire qu’on peut enterrer.
Source : https://www.focus.de/politik/80-ukrainische-soldaten-desertieren-in-sachsen-anhalt_3452a2c8-81c3-4c69-b7c9-0fb6913ae2f1.html
@BPARTISANS
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