đŁ CĂ©ret/ PyrĂ©nĂ©es Orientales.
đ€Ź Garde Ă vue pour jets de citrons et exclusion des " meneurs":
Le compliquĂ© blocage dâun lycĂ©e rural.
2/2.
« Les Ă©lĂšves feraient mieux dâaller en cours »
Anne Auclair, livre un autre récit de ces deux journées.
« Cela ne sâest pas bien passĂ©. Il y a eu des dĂ©gradations, un portail a Ă©tĂ© endommagĂ© et on a assistĂ© Ă des dĂ©parts de feux. »
Elle dit ne pas comprendre la mobilisation de ses Ă©lĂšves. « Jâentends parler des sureffectifs, mais ce nâest pas le cas dans notre lycĂ©e.
Jâai vu des drapeaux antifas et palestiniens, je ne vois pas le rapport avec le mouvement lycĂ©en.
Et quand je vois les fautes dâorthographe sur les pancartes, je me dis que les Ă©lĂšves feraient mieux dâaller en cours », tacle-t-elle.đ€Ź
đ€ź En plus du dispositif de fouille mis en place Ă la sortie des bus, elle prend des mesures disciplinaires et procĂšde à « dix, quinze exclusions » dâĂ©lĂšves â « ceux que jâai chopĂ©s », prĂ©cise-t-elle.
Emilie*, en seconde pro métiers de la relation client, qui a suivi le mouvement « de loin », trouve cela « injuste » :
« Punir ceux qui cassent, dâaccord, mais lĂ , elle a juste visĂ© les gens qui sâĂ©taient mobilisĂ©s. »
Les motifs des exclusions temporaires, que Basta! a pu consulter, semblent confirmer cette version :
« Lucie* trouble le fonctionnement du dĂ©roulĂ© des cours », indique lâun dâeux, lapidaire.
« Certains parents ne sont pas contents mais il faut leur dire que le trouble Ă lâordre public est un motif de sanction », assume la proviseure.
« On proteste contre tout un systÚme »
Ce 6 octobre, alors que la plupart des lycĂ©ens de CĂ©ret ont rejoint leur salle de cours, Tomas et Josep, restent adossĂ©s contre un mur, face au lycĂ©e. « On est Ă lâinternat, donc Ă 8 heures on doit ĂȘtre dehors, et lĂ on a cours quâĂ 9 heures, donc on attend », explique Tomas, qui habite BĂ©ziers, Ă 120 kilomĂštres de CĂ©ret.
« Parfois on fait des tours, on part marcher », complÚte Josep.
Tous deux élÚves de terminale, ils préparent cette année leur bac pro logistique et ne se sentent pas particuliÚrement concernés par le mouvement.
« Je suis dâaccord mais, parfois, [les revendications] nâont pas de lien avec les lycĂ©ens.
Par exemple, âLa jeunesse emmerde le Front nationalâ, je suis dâaccord mais je ne vois pas le rapport », soupire Tomas.
Ă 30 kilomĂštres de lĂ , devant lâuniversitĂ© de Perpignan, ville RN depuis 2020, une trentaine de lycĂ©ens de CĂ©ret sont rassemblĂ©s depuis 9 h 30 : ils sont justement venus lancer ce fameux slogan.
La manifestation est réussie :
entre 1800 et 2500 personnes Ă Perpignan ; 450 000 dans toute la France, selon les organisateurs.
« On ne proteste pas uniquement pour les droits des lycéens mais contre tout un systÚme.
Je trouve que ce serait injuste de ne penser quâĂ nos droits et pas Ă la Palestine et Ă lâantifascisme par exemple », soutient Elio, qui fait partie du cortĂšge, une pancarte entre les mains, sur laquelle on peut lire : « Parce que des citrons sont plus punis que des violeurs ».
Face Ă cette pancarte et aux autres, symboles de la colĂšre de la jeunesse, câest peu dire que le gouvernement est fĂ©brile :
SĂ©bastien Lecornu vient dâannoncer la suspension des cours en fin de semaine au profit dâ« un temps de dĂ©mocratie interne ».
*Prénom modifié.
đŁ Tribune :
L' Histoire avec un grand H , retiendra les collabos.
Honte Ă la proviseure du lycĂ©e de CĂ©ret.đ€ź
Ănorme soutien aux lycĂ©en.nes.đ€
đ https://basta.media/GAV-pour-jets-de-citrons-exclusion-des-meneurs-blocage-complique-lycee-rural-Pyrenees-Orientales
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