Quand la ville s’endort
Le soir, la ville meurt, sous la noirceur des cieux.
Les immeubles sans fin, coiffés par les nuages,
Ne sont plus les gardiens de l’ombre de ces lieux
Mais les premières proies de possibles orages.
Les masses fatiguées délaissent leurs faux dieux,
Alors les magasins, démoniaques cages,
Se vident comme si — tout soudain — un vœu pieux
Eût pénétré sans bruit la foule aux mille outrages.
La ville est un autel où l’on rend gloire au vice,
Où l’orgueil et l’envie règnent en vils poisons,
Où l’on ne parle plus du plus beau sacrifice,
Où les masses sans vie chérissent leurs prisons.
Mais quand s’endort enfin ce temple du mal-être,
L’on peut voir un enfant prier à sa fenêtre.
~ Alexandre Charpentier
@vers_les_etoiles
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