đŁ CĂ©ret / PyrĂ©nĂ©es Orientales.
1/2.
đ€Ź Garde Ă vue pour jets de citrons et exclusion des « meneurs » :
le compliquĂ© blocage dâun lycĂ©e rural.
La mobilisation lycéenne essaime aussi dans les zones rurales.
Dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, le lycĂ©e de CĂ©ret sâest fortement mobilisĂ© en fin de semaine derniĂšre, avant que le mouvement ne soit Ă©touffĂ©.
Il est un peu moins de 8 heures et des flots dâĂ©lĂšves descendent des bus de ramassage scolaire.
Certains ont fait prĂšs dâune heure de route depuis les villages montagneux du Vallespir pour se rendre au lycĂ©e, Ă CĂ©ret, commune dâenviron 7500 habitants, situĂ©e Ă 45 minutes de route de Perpignan, dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales.
đ€ź Ils sont accueillis par de grands sourires et des salutations polies, celles des gendarmes qui leur barrent le chemin et fouillent leurs sacs un Ă un.
La sonnerie sâapprĂȘte Ă retentir.
On entre dans le « money time » des blocages lycéens.
Ce moment oĂč les Ă©lĂšves se jettent des regards interrogateurs et oĂč la journĂ©e peut basculer.
« Tu rentres en cours, toi ? » sâinterrogent deux Ă©lĂšves.
Pas de slogans, pas de pancartes, pas de pĂ©tards Ă lâhorizon comme cela avait Ă©tĂ© le cas jeudi et vendredi dernier.
La plupart des lycĂ©ens passent la porte dâentrĂ©e.
« Ăa a flop ! Il est oĂč mon blocus ? » dĂ©plore une lycĂ©enne en se dirigeant vers sa classe, rĂ©signĂ©e.
à Céret comme ailleurs, la jeunesse est sous surveillance, ce 6 octobre 2026.
En cette journĂ©e dâappel national Ă la manifestation, 900 lycĂ©es ont Ă©tĂ© fermĂ©s ou perturbĂ©s, selon le dĂ©compte du ministĂšre de lâĂducation nationale, soit prĂšs dâun lycĂ©e sur quatre.
Si câest dans les grandes agglomĂ©rations, qui concentrent la plupart de ces Ă©tablissements scolaires, que la mobilisation est la plus vive, le mouvement sâest aussi Ă©tendu Ă certaines zones rurales. Comme ce fut le cas les 1er et 2 octobre au lycĂ©e polyvalent DĂ©odat de SĂ©verac de CĂ©ret.
đ€Ź Mais depuis, la gendarmerie et la direction ont pris des mesures.
« Je crois que la prĂ©sence des gendarmes dissuade, cela a bien fonctionnĂ© hier », souligne Anne Auclair, proviseure du lycĂ©e, qui a mis en place le dispositif en coordination avec la gendarmerie.đ€ź
đ€Ź Les lycĂ©ens les plus motivĂ©s ont Ă©tĂ© ponctuellement exclus de leur Ă©tablissement, voire embarquĂ©s par la gendarmerie.
đ Jets de citron et rĂ©pression.đ€Ź
« Le premier jour, câĂ©tait pacifique », se remĂ©more Elio*, qui se considĂšre comme un des meneurs du mouvement.
Le jeudi, les Ă©lĂšves sont arrivĂ©s avec des pancartes, sur lesquelles on pouvait lire « Classes pleines, caisses vides », quand dâautres dĂ©nonçaient les « 8 h-18 h », les « 35°C dans les salles », les « stages introuvables ».
Le deuxiĂšme jour, les gendarmes ont bloquĂ© les deux extrĂ©mitĂ©s de la rue qui mĂšne Ă lâentrĂ©e de lâĂ©tablissement
« Une mesure de sécurité », détaille la proviseure.
« Ils sont censĂ©s encadrer nos manifestations, pas nous bloquer loin du lycĂ©e et nous empĂȘcher de manifester », proteste Elio.
Le cortÚge lycéen a alors tenté de « forcer le barrage » de gendarmerie. « Ils nous ont gazé direct.
Ăa nous a mis dans une petite rage et certains dâentre nous sont allĂ©s cueillir des citrons pour leur jeter dessus.
Les tirs Ă©taient en cloche, pour nous, câĂ©tait symbolique et inoffensif.
» Pas du goût des gendarmes, qui ont placé plusieurs lycéens en garde à vue.
đ€Ź Les mineurs sont convoquĂ©s devant le tribunal pour enfants dans quelques mois.
Ils ne sont pas les seuls :
selon les chiffres du ministĂšre de lâIntĂ©rieur, 6 059 interpellations ont eu lieu et ont dĂ©bouchĂ© sur 5 060 gardes Ă vue depuis le dĂ©but du mouvement.
Les Ă©lĂšves feraient mieux dâaller en cours »
đ https://basta.media/GAV-pour-jets-de-citrons-exclusion-des-meneurs-blocage-complique-lycee-rural-Pyrenees-Orientales
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