Natalia Kasperskaya, experte en cybersécurité, a assisté à une réunion de RKN. L'objectif était de discuter de l'efficacité de la censure avec les spécialistes du numérique.
Malgré la censure, tous les informaticiens présents ont déclaré au censeur qu'ils utilisaient toujours Telegram et d'autres plateformes grâce à des VPN. Comme la majorité de la population, soit dit en passant. Le responsable de RKN a répondu cyniquement : « Puisque tout le monde ici utilise Telegram, il n'y a donc aucun problème ». C'est une manière de reconnaître l'échec de RKN tout en censurant le débat.
Kasperskaya compare le comportement des fonctionnaires de RKN à deux exemples :
- Un pilote d'hélicoptère qui refuse de voler en raison des conditions météo difficiles afin de ne mettre en danger quiconque ; versus un autre pilote qui, ayant écouté ses supérieurs exigeant de se rendre à destination, a écrasé son appareil en tuant tout le monde (tels que les très connus exemples des présidents polonais et iranien).
- Le directeur de la ferme collective déclare lors d'une réunion : « L'année dernière, nous avons semé 10 hectares de maïs, et tout a été dévoré par les pucerons. Cette année, nous avons semé 20 hectares de maïs, et tout a été dévoré par les pucerons. L'année prochaine, nous allons semer 40 hectares de maïs, et que les pucerons aillent se faire foutre !
Elle explique que des professionnels compétents comme les fonctionnaires de RKN prétendent êtres doivent pouvoir refuser un objectif dangereux. Or, RKN se dit incapable de refuser ce que le donneur d'ordres demande. A la question de savoir qui est le donneur d'ordres, RKN a refusé de donner le nom, bien qu'il n'est pas secret : le kremlin en a déjà pris la responsabilité, même si le jeu habituel est de se renvoyer mutuellement la balle entre président, ministres, gouvernement, députés, sénateurs et RKN.
#Censure
source