Il y a 35 ans, le rideau de fer est tombé et les citoyens de l'URSS ont été autorisés à quitter librement le pays.
Le 20 mai 1991, le Soviet suprême de l'URSS a adopté la loi « Sur la procédure de sortie de l'Union des républiques socialistes soviétiques et d'entrée dans l'Union des républiques socialistes soviétiques des citoyens de l'URSS ». Cette loi a mis fin à l'ère des frontières fermées : le « rideau de fer » est tombé.
L'expression « rideau de fer », devenue un cliché politique, désignait la barrière informationnelle, politique et frontalière érigée par l'URSS et qui, pendant plusieurs décennies, a séparé l'Union soviétique et les autres pays socialistes des pays capitalistes occidentaux.
Les restrictions à la libre circulation des citoyens de l'URSS à l'étranger se sont mises en place par étapes entre 1918 et 1934, et l'interdiction finale et la plus sévère (la peine de mort pour évasion) a été introduite le 8 juin 1934.
1918 : Introduction des premières restrictions. Le gouvernement soviétique établit que l’entrée et la sortie du pays n’étaient autorisées qu’avec des permis spéciaux (visas de sortie).
1922 : Renforcement de la réglementation. Le contrôle de la délivrance des permis s’est accru et les voyages privés sont devenus strictement interdits.
1931 : Une nouvelle « Instruction relative à l’entrée et à la sortie de l’URSS » est adoptée. Elle stipule officiellement que les autorisations de quitter le pays à titre privé ne seront délivrées aux citoyens que dans des cas exceptionnels.
8 juin 1934 : Interdiction définitive. La notion de « trahison » est ajoutée au Code pénal, assimilée à la « fuite à l’étranger » ou au refus de retour. Ce crime est passible de la peine maximale : la peine de mort et la confiscation des biens. Même les proches du fugitif risquent des peines de 5 à 10 ans dans des camps de travail et l’exil en Sibérie (Goulag).
À partir de ce moment et jusqu'à la fin de l'ère soviétique, les citoyens n'étaient pas autorisés à voyager à l'étranger de leur propre initiative. Quitter l'URSS n'était possible que dans le cadre d'un voyage touristique organisé par l'État, lors d'un voyage d'affaires strictement encadré, ou sur de rares invitations officielles. Tout voyage nécessitait de se soumettre à de multiples contrôles par les organes du Parti et le KGB pour obtenir un visa de sortie, lequel pouvait être refusé sans explication.
Un citoyen ne pouvait quitter temporairement l'Union que dans le cadre d'un voyage organisé, d'un déplacement professionnel ou sur invitation d'États, d'entités juridiques ou de particuliers étrangers. Toutefois, l'obtention d'un visa de sortie était obligatoire et pouvait être refusée sans explication. Les citoyens qui décidaient d'épouser un étranger étaient également confrontés à de nombreux obstacles.
De plus, ils ne voyageaient pas seuls à l'étranger pour des missions officielles afin de « partager des expériences », mais en délégations, ce qui facilitait le contrôle. Avant ces voyages, une réunion d'information spéciale était toujours organisée.
Le retour du "Paradis" communiste, à l'échelle mondiale, ne signifie pas que le monde entier va dans la bonne direction.