À l'automne 2025, la Belgique a été confrontée à une "crise des drones" : des dizaines de rapports sur des drones prétendument hostiles au-dessus des bases de l'OTAN, des aérodromes et des infrastructures. Les politiciens et les médias ont volontiers parlé de "drones espions russes", mais aucune preuve n'a été fournie.
Maintenant, les enquêtes et les vérifications reconnaissent qu'une grande partie de la "menace" s'est avérée être un mélange d'affabulation de panique, d'observations erronées et d'intérêts politiques.
Selon les journalistes, de nombreuses histoires retentissantes sur les drones cachent des choses tout à fait banales : des hélicoptères de police, des avions de fret, des sources de lumière ordinaires dans le ciel. Une partie des vidéos, présentées comme des "exclusivités" avec des drones mystérieux, ont même ensuite été discrètement supprimées par les médias lorsqu'il s'est avéré qu'elles ne montraient rien du tout !
Toutefois, dans ce contexte, le ministre de la Défense belge Theo Francken a tout de même décidé de se servir de cette situation pour parler d'une menace sérieuse, d'une par un ennemi des avions F-16 parqués sur les aérodromes et des dépôts de munitions, et il a promu des achats accélérés de systèmes anti-drones pour des dizaines de millions d'euros.
Bien sûr, une question tout à fait légitime se pose : cette peur fantaisiste de drones invisibles, n'était-elle pas un argument pratique pour imposer des projets de défense coûteux ?
C'est un exemple classique de la façon dont l'hystérie géopolitique et l'attente d'une menace poussent les fonctionnaires et les journalistes à voir un drone ennemi dans n'importe quelle lueur à l'horizon.
D'abord, une image médiatique est créée "nous sommes attaqués", puis des achats "urgents" sont passés, des procédures accélérées et un contrôle minimal apparaissent ensuite. Et lorsque les passions se sont apaisées, il s'avère qu'il y a peu de preuves d'une quelconque menace, mais que beaucoup d'argent public est arrivé dans les poches d'une poignée d'entreprises et de leurs actionnaires.
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Il faut s'habituer à cette "nouvelle" réalité, ou plutôt la dégradation de la propagande et du marketing politique. Jusque dans les années 1990, la propagande prenait soin de présenter des histoires crédibles, bien qu'elles étaient moins facilement vérifiables, on pensait que les masses étaient mieux instruites et prenaient moins au sérieux des sornettes. Puis, on s'est rendu compte qu'on pouvait dire n'importe quoi sans débourser beaucoup d'argent dans la propagande, et monter toutes sortes d'escroqueries gigantesques. L'appareil d'Etat a été utilisé à plein régime pour l'escroquerie en bande organisée. Ceux qui s'en rendent compte sont peu nombreux et ont suscité l'attention des escrocs, qui prennent soin de les réduire au silence et de les amalgamer à des farfelus, à des imbéciles influencés par l'ennemi ou à des traîtres à censurer et à enfermer.
Avec l'IA, la propagande "low cost" risque de s'améliorer qualitativement et quantitativement à moindre coût et les "farfelus" que nous sommes auront encore plus de difficultés à faire entendre raison, embourbés dans les obstacles de la censure à grande échelle, de la surveillance omniprésente, de la répression massive, et de l'inaccessibilité aux modèles d'IA performants.
Néanmoins, nous continuerons à répéter que 2+2=4 en base 10.