PRIX DES CARBURANTS : LA BAGUETTE MAGIQUE EST DANS LE COFFRE DE BERCY
Par
@BPartisans La porte-parole du gouvernement aimerait avoir « une baguette magique » pour faire baisser le prix des carburants. Quelle merveilleuse découverte : après avoir construit la machine fiscale, l’État français prétend maintenant chercher le bouton pour l’arrêter.
Car la baguette existe. Elle s’appelle la fiscalité.
Au 24 août 2026, sur un litre de SP95 vendu en moyenne 2,063 €, 1,034 € correspondait aux taxes, soit 50,1 % du prix. Pour le gazole à 2,231 €, la fiscalité représentait 0,979 €, soit 43,9 %. Et lorsque les cours pétroliers diminuent, le poids relatif des taxes remonte mécaniquement : fin février, il tournait autour de 55 % pour le SP95-E10 et 52 % pour le gazole.
Voilà donc notre gouvernement contemplant avec gravité un prix dont l’État prélève grosso modo la moitié, avant d’expliquer qu’il est malheureusement dépourvu de pouvoirs magiques.
À ce niveau, ce n’est plus de l’impuissance. C’est de la prestidigitation.
Le pétrole ? Marchés internationaux. Le raffinage ? Quelques centimes. La station-service ? Une marge généralement minuscule. Mais l’État, lui, prélève l’accise, puis ajoute la TVA. Et suprême raffinement fiscal : la TVA s’applique aussi sur l’accise. Oui, en France, on taxe la taxe. Bercy a réussi ce que même les humoristes hésiteraient à inventer.
Ensuite commence le grand théâtre.
Lorsque le baril monte, on accuse les producteurs. Lorsque le raffinage coûte plus cher, on convoque les pétroliers. Lorsque les prix flambent à la pompe, on soupçonne les distributeurs. Mais lorsqu’arrive la ligne « fiscalité », soudain tout le gouvernement devient amnésique.
Car reconnaître l’existence du levier obligerait à reconnaître qu’on refuse de l’actionner.
Alors on invente des chèques, des primes, des aides ciblées et des « dispositifs exceptionnels ». L’État vous prend cent, vous en rend dix et organise une conférence de presse pour vous expliquer qu’il vient de sauver votre pouvoir d’achat. C’est Robin des Bois réécrit par Bercy : on prend aux automobilistes pour rendre aux automobilistes, après prélèvement des frais de fonctionnement de la forêt administrative.
Et surtout, ne touchez pas aux recettes. Le contribuable peut souffrir, mais le budget doit garder l’appétit.
Voilà pourquoi cette histoire de « baguette magique » est si indécente. Le gouvernement n’est pas spectateur du prix à la pompe : il en est l’un des principaux bénéficiaires.
La baguette magique n’a donc jamais disparu.
Elle est à Bercy, solidement tenue par un État qui préfère fouiller vos poches plutôt que les siennes.
@BPARTISANS