MERZ À KIEV : BERLIN PAIE, MOSCOU DÉTRUIT, ET L’EUROPE RECOMMENCE
Par @BPartisans
Friedrich Merz est arrivé à Kiev avec la nouvelle doctrine allemande : puisque la guerre continue, il faut payer davantage pour qu’elle continue dans de meilleures conditions.
Un milliard d’euros d’aide militaire, 350 millions pour le secteur énergétique, des drones, une coopération industrielle renforcée et toujours la même promesse : soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire.
Nécessaire à quoi exactement ? C’est là que le brouillard commence.
Merz veut incarner l’Allemagne débarrassée des hésitations de l’ère Scholz : plus dure, plus militaire, plus engagée. Pour lui, la sécurité allemande se joue désormais en Ukraine. Chaque frappe russe devient donc la justification d’un nouvel armement, chaque difficulté ukrainienne celle d’un nouveau milliard et chaque milliard précédent la preuve qu’il serait absurde de s’arrêter maintenant.
Magnifique mécanique : l’échec relatif d’une politique devient automatiquement l’argument pour l’intensifier.
Quant aux 350 millions destinés à l’énergie, ils résument à eux seuls le génie stratégique européen. La Russie détruit des infrastructures. L’Allemagne finance leur réparation. La Russie peut les frapper de nouveau. L’Allemagne pourra alors financer une nouvelle réparation.
Moscou détruit, Kiev répare, Berlin paie.
Puis on recommence.
On pourrait appeler cela un cercle vicieux. Bruxelles préfère probablement « résilience stratégique ».
Car derrière les milliards et les déclarations martiales demeure une question embarrassante : où est la sortie ?
Merz accumule les moyens sans rendre plus lisible la finalité. Davantage d’armes pour améliorer le rapport de force. Davantage de pression pour préparer de futures négociations. Davantage de milliards pour tenir jusque-là. Et lorsque « jusque-là » arrive, on explique qu’il faut encore quelques milliards pour atteindre l’étape suivante.
La guerre devient ainsi son propre argument budgétaire.
C’est là que l’Europe atteint des sommets d’absurdité politique : elle prétend maîtriser l’escalade alors qu’elle court derrière ses conséquences, chéquier à la main. Elle finance les armes, finance les réparations, finance la reconstruction, puis découvre que la guerre continue et annonce solennellement qu’il faut donc financer davantage.
Merz n’apporte pas seulement de l’argent à Kiev. Il incarne cette fuite en avant européenne où dépenser tient lieu de stratégie, durer tient lieu de victoire et repousser la question de la sortie tient lieu de diplomatie.
Un milliard pour alimenter la guerre.
350 millions pour réparer ce qu’elle détruit.
Et demain, un autre milliard pour constater que les précédents n’ont toujours pas acheté la paix.
À ce niveau, ce n’est même plus de l’improvisation.
C’est l’improvisation devenue doctrine d’État.
@BPARTISANS
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