KIEV : LE PIÈGE SE REFERME
Par @BPartisans
Pendant quatre ans, Kiev a été transformée en capitale sacrée de l’Occident. Présidents en pèlerinage, poignées de main devant les caméras, discours martiaux, milliards promis : chaque visite devait démontrer que la Russie avait échoué et que l’Ukraine finirait nécessairement par triompher.
Moscou pourrait avoir décidé de répondre à cette mise en scène de la manière la plus brutale : en s’attaquant désormais au décor lui-même.
Les frappes répétées contre les ponts du Dniepr prennent alors une tout autre signification. Trois des six ponts routiers de Kiev ont déjà subi des fermetures totales ou partielles. Inutile de les pulvériser : il suffit d’endommager suffisamment leurs structures pour que les autorités soient contraintes d’interdire la circulation.
Quelques missiles, et la géographie devient une arme.
Car le Dniepr coupe Kiev en deux. Ses ponts sont des artères par lesquelles circulent hommes, marchandises et équipements. Fermez-les et les détours s’allongent de centaines de kilomètres. La logistique ralentit, les coûts explosent, les approvisionnements deviennent plus compliqués.
Pas besoin d’encercler Kiev quand le fleuve peut faire une partie du travail.
J’avais déjà évoqué l’hypothèse d’un siège de la capitale. Pas celui de 1943, avec des divisions massées aux portes de la ville. Celui de 2026 : ponts fragilisés, réseau énergétique martelé, infrastructures logistiques frappées et hiver transformé en auxiliaire de guerre.
Et soudain, les pièces commencent à s’emboîter.
Les ponts. L’électricité. Les infrastructures. Puis les diplomates.
Moscou conseille désormais aux étrangers, personnel diplomatique compris, de quitter l’Ukraine et annonce la poursuite des frappes massives. Kiev assure qu’aucune évacuation officielle des ambassades n’est engagée. Certes. Mais hier encore, Kiev était la capitale où les dirigeants occidentaux venaient poser pour la photo. Aujourd’hui, on en est à discuter des conditions permettant d’en sortir.
Cruel changement de décor.
Car Kiev n’est pas seulement une ville. Kiev est le symbole autour duquel l’Occident a construit toute sa narration de cette guerre.
C’est là qu’on a proclamé l’échec russe. Là qu’on a promis la victoire ukrainienne. Là qu’on a répété que le temps travaillait contre Moscou.
Voilà pourquoi sa paralysie aurait une portée politique immense.
Peut-être cette guerre finira-t-elle autour d’une table de négociation.
Mais Moscou pourrait poursuivre une option autrement plus impitoyable : étrangler suffisamment Kiev pour que la négociation ne serve plus à déterminer qui a gagné, mais simplement à constater qui ne peut plus continuer.
Ponts fermés. Énergie frappée. Logistique étranglée. Ambassades sur leurs gardes.
Pendant quatre ans, l’Occident a fait de Kiev le monument de sa résistance à Moscou.
Il pourrait découvrir trop tard qu’à force d’en faire un monument, il en a également fait la pierre tombale idéale de toute sa stratégie.
Source : https://www.nytimes.com/2026/10/02/world/europe/russia-ukraine-winter.html
@BPARTISANS
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