L’EUROPE ABOIE, LA RUSSIE COMPTE SES DIVISIONS
Par @BPartisans
À Bruxelles, on fabrique des discours. À Moscou, on dimensionne une armée.
Poutine vient de fixer par décret l’effectif autorisé des forces armées russes à plus de 2,44 millions de personnes, dont 1,55 million de militaires. Le chiffre ne signifie pas que 1,55 million d’hommes sont instantanément disponibles au combat, mais politiquement, le signal est difficile à rater : Moscou se prépare à une confrontation longue et traite désormais l’hostilité européenne comme un paramètre stratégique durable.
Pendant ce temps, l’Europe organise son traditionnel concours de mentons relevés.
On parle de « guerre de haute intensité », de « menace existentielle », de réarmement massif, de confrontation prolongée. Des dirigeants qui expliquaient hier qu’il fallait réduire les dépenses militaires découvrent soudain Napoléon entre deux réunions à Bruxelles.
Le spectacle serait presque comique si les conséquences potentielles n’étaient pas nucléaires.
Car derrière les postures martiales demeure une question vulgaire : avec quoi ?
Les Européens parlent parfois comme s’ils disposaient déjà de l’autonomie militaire qu’ils annoncent vouloir construire dans dix ans. Ils brandissent leurs futurs missiles, leurs futures usines, leurs futurs stocks et leurs futures divisions. Une puissance militaire au futur simple menaçant une puissance nucléaire au présent.
Audacieux.
Heureusement, il reste le grand doudou stratégique : les États-Unis.
Washington viendra forcément sauver l’Europe. C’est écrit dans l’imaginaire collectif, quelque part entre Captain America et l’article 5. Comme si une alliance supprimait miraculeusement les intérêts nationaux américains. Comme si Washington allait nécessairement engager sans limite ses forces dans une escalade directe avec une puissance nucléaire simplement parce que quelques dirigeants européens auraient confondu une conférence de presse avec un état-major.
L’histoire des alliances américaines devrait pourtant enseigner une règle élémentaire : les États-Unis défendent d’abord les États-Unis. Le reste dépend des circonstances, du prix et de leurs intérêts.
Mais Bruxelles préfère croire aux contes de fées. C’est moins coûteux qu’une armée.
Lavrov a d’ailleurs répondu à cette agitation avec la délicatesse habituelle de la diplomatie russe, affirmant qu’une attaque européenne contre la Russie conduirait à un conflit très court. C’est une menace politique russe, pas une prophétie militaire.
Et c’est précisément ce qui devrait inquiéter.
Car nous avons désormais deux camps qui expliquent qu’ils se préparent parce que l’autre se prépare. Moscou augmente ses capacités parce que l’Europe devient hostile ; l’Europe se réarme parce que Moscou augmente ses capacités.
Une machine parfaite.
Chacun verse de l’essence pour empêcher l’incendie.
Puis nos petits Churchill de studio viennent expliquer gravement que tout cela est nécessaire pour préserver la paix.
Ils ont simplement oublié un détail : à force de jouer à la guerre avec l’armée de demain et le courage supposé des Américains, on peut finir par obtenir la guerre aujourd’hui.
@BPARTISANS
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