LA GUERRE DES DRONES COMMENCE AUSSI DANS LES DATA CENTERS
Par @BPartisans
Après l’électricité, les ports, les dépôts et l’industrie, la Russie frappe désormais les artères numériques de l’Ukraine. Selon le Guardian, centres de données et fournisseurs d’accès ont été touchés, provoquant notamment des perturbations pour des dizaines de milliers d’utilisateurs.
À lire certains commentaires, Moscou aurait donc déclaré la guerre au Wi-Fi.
C’est évidemment plus confortable que de regarder ce qu’est devenue une infrastructure numérique dans une guerre moderne.
Un data center n’est plus seulement un hangar climatisé où dorment des factures et des photos de vacances. Réseaux télécoms, serveurs et capacités de traitement peuvent aussi soutenir communications militaires, renseignement, transmission de données et chaînes opérationnelles nécessaires aux drones et aux frappes à longue portée.
Et c’est précisément là que le joli récit de « l’économie numérique ukrainienne martyrisée » devient beaucoup moins romantique.
L’Ukraine frappe régulièrement des cibles profondément en territoire russe. Dans cette guerre où un drone peut parcourir des centaines de kilomètres, l’arrière n’existe pratiquement plus : tout ce qui contribue à collecter, traiter, transmettre ou exploiter l’information peut acquérir une importance militaire.
Si certains des sites frappés participent effectivement à ces fonctions, ce que le Guardian n’établit pas individuellement, leur destruction ne relèverait donc pas d’une mystérieuse passion russe pour les serveurs carbonisés, mais d’une logique militaire élémentaire : frapper la chaîne plutôt que d’attendre tranquillement ce qu’elle contribue à envoyer.
Voilà toute l’hypocrisie du mot « infrastructure civile ». Dans une économie de guerre totalement numérisée, la frontière entre civil et militaire peut devenir fonctionnellement complexe, même si le droit international humanitaire continue d’imposer des règles strictes sur ce qui constitue un objectif militaire et sur la protection des civils.
Moscou semble en tout cas poursuivre une guerre d’usure beaucoup plus vaste : énergie, industrie, logistique, communications. Non plus seulement réduire les moyens de combattre, mais dégrader progressivement les moyens de faire fonctionner le pays.
Et pendant que Kyiv réclame encore davantage de milliards, de missiles et de systèmes antiaériens, l’Occident continue de réciter son catéchisme : résilience, innovation, économie numérique, victoire technologique.
Le problème avec le merveilleux monde dématérialisé, c’est qu’il reste terriblement matériel.
Le cloud a besoin d’électricité.
Le réseau a besoin de fibres.
Les données ont besoin de serveurs.
Et lorsqu’une guerre repose aussi sur des données, il ne faut pas s’étonner que l’ennemi finisse par bombarder les endroits où elles passent.
Source : https://www.theguardian.com/world/2026/sep/26/russia-strikes-ukraine-digital-economy-attacks-isps-datacentres
@BPARTISANS
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