ON VOUS AVAIT PROMIS LA PAIX, REMPLISSEZ VOTRE FICHE DE MOBILISATION
Par @BPartisans
L’Allemagne vient d’inventer le volontariat obligatoire.
Depuis janvier 2026, les jeunes Allemands de 18 ans reçoivent le questionnaire de la Bundeswehr. Les femmes répondent volontairement. Les hommes, obligatoirement. Santé, qualifications, condition physique, intérêt pour l’armée : Berlin reconstitue méthodiquement le fichier permettant de savoir qui pourrait porter l’uniforme. La Bundeswehr assume d’ailleurs l’objectif : connaître le potentiel humain disponible en cas de défense nationale ou collective.
Mais rassurez-vous : le service reste volontaire.
C’est écrit dessus.
À partir de juillet 2027, la visite médicale deviendra obligatoire pour les hommes nés à partir de 2008. Et si les volontaires ne sont pas assez nombreux, le Bundestag pourra instaurer une conscription « selon les besoins ». Traduction du bureaucrate vers le français : vous êtes volontaire jusqu’au jour où l’État manque de volontaires.
L’Allemagne veut atteindre plus de 260 000 militaires d’active et 200 000 réservistes d’ici 2035. Et elle n’est pas seule à remettre la conscription au goût du jour : une dizaine de pays de l’UE disposent déjà d’un service obligatoire, tandis que la Croatie vient de le rétablir. La question n’est donc plus totalement saugrenue : jusqu’où cette logique de réarmement humain s’étendra-t-elle en Europe si les objectifs militaires continuent d’augmenter ?
Pendant ce temps, une autre armée allemande fond à vue d’œil : celle des ouvriers.
Volkswagen intensifie sa restructuration et prévoit des dizaines de milliers de suppressions d’emplois supplémentaires ; Bosch prévoit jusqu’à 13 000 postes supprimés dans son activité automobile, tandis que BMW, Mercedes et leurs sous-traitants affrontent eux aussi réductions de coûts, concurrence chinoise et délocalisations. Des milliers de salariés manifestaient encore cette semaine contre les suppressions d’emplois.
Le contraste est presque obscène.
L’industrie automobile tousse, les usines restructurent, les salariés manifestent, mais le débat public dispose désormais d’un sujet autrement plus spectaculaire : la menace extérieure, le réarmement et les effectifs militaires.
Il serait abusif d’affirmer que cette politique militaire a été conçue pour cacher la crise industrielle. Mais politiquement, le vacarme sécuritaire possède une qualité merveilleuse : il peut reléguer au second plan les mauvaises nouvelles économiques.
On ferme des postes, on ouvre des centres de recrutement.
On réduit les effectifs industriels, on augmente les objectifs militaires.
Hier, l’Europe promettait à sa jeunesse Erasmus, la mobilité et les frontières ouvertes. Aujourd’hui, plusieurs capitales reparlent conscription, réservistes et préparation militaire.
On leur avait promis l’Europe de la paix.
On commence par leur demander leur taille, leur poids et leur aptitude au service.
@BPARTISANS
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