MIROIR, MON BEAU MIROIR, QUI ÉCOUTE ENCORE MACRON ?
Par @BPartisans
À l’ONU, Emmanuel Macron a repris son numéro favori : expliquer au monde comment le monde devrait fonctionner. Ukraine, Gaza, Ormuz, intelligence artificielle, multilatéralisme… aucun problème planétaire ne saurait manifestement se passer d’une recommandation française.
Macron met en garde contre le retour de la « loi de la jungle ». Le problème, c’est que la jungle est déjà là. Les grandes puissances comptent leurs missiles, leurs usines, leurs ressources, leurs marchés et leurs capacités industrielles. La France, elle, arrive au milieu des fauves avec le règlement intérieur du zoo.
Pour l’Ukraine, Macron propose un « double moratoire ». Pour Gaza, deux États. Pour Ormuz, la liberté de navigation. Pour l’IA, une « troisième voie » indépendante de Washington et Pékin. Paris distribue les solutions comme des cartes de visite.
Reste un détail : convaincre quelqu’un de les appliquer.
Car le malaise est désormais là. Macron continue de parler comme si son avis était attendu, alors que la satire s’écrit presque toute seule : on lui installe le pupitre, on ajuste le micro, on écoute poliment et chacun retourne ensuite défendre ses intérêts.
Une sorte de Dîner de cons diplomatique, sauf que l’invitation porte le logo des Nations Unies.
« Emmanuel, surtout, raconte-nous encore ta troisième voie. »
Et Macron raconte.
Il explique à Washington et Pékin comment bâtir un autre modèle d’intelligence artificielle, à Moscou et Kiev comment suspendre certaines frappes, au Moyen-Orient comment retrouver la paix et aux puissances régionales comment gérer Ormuz. À l’entendre, il ne manque plus qu’un arbitrage français sur la météo.
C’est toute la diplomatie macronienne : confondre l’importance du sujet avec celle de celui qui en parle.
On retrouve alors la reine de Blanche-Neige devant son miroir :
« Miroir, mon beau miroir, dis-moi que la France est toujours au centre du monde. »
Le miroir regarde ailleurs.
Alors Macron recommence plus fort : multilatéralisme, souveraineté, troisième voie, sécurité collective…
Pendant ce temps, Washington calcule, Pékin investit, Moscou négocie selon ses objectifs, New Delhi marchande et les puissances du Golfe défendent leurs intérêts. Le monde avance au rapport de force.
Paris rédige le compte rendu.
Voilà peut-être ce qu’il y a de plus cruel dans ces grands discours : Macron semble encore parler avec l’assurance de celui qui croit tenir la salle, alors que son personnage satirique ressemble de plus en plus à celui qu’on laisse terminer par courtoisie avant de passer aux négociations sérieuses.
Il voulait empêcher la loi de la jungle. Il en devient le conférencier permanent, expliquant aux tigres les vertus du végétarisme pendant qu’ils choisissent le menu.
Macron parle encore comme si le monde attendait son avis. Dans cette caricature diplomatique, on l’invite, on l’écoute poliment, on le remercie… puis on décide sans lui.
@BPARTISANS
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