LE CHÈQUE ÉNERGIE : L’ÉTAT VOUS PREND 100, VOUS REND 10 ET RÉCLAME UN MERCI
Par @BPartisans
Maud Bregeon annonce le maintien du chèque énergie. Une nouvelle démonstration du génie fiscal français : vous prendre beaucoup d’argent, vous en rendre un peu et appeler la différence « solidarité ».
Car le chèque énergie repose sur un tour de passe-passe aussi vieux que Bercy : surtout ne pas laisser davantage d’argent dans la poche du contribuable. On prélève d’abord, on encaisse, puis on redistribue une fraction de la cagnotte à ceux que l’administration aura désignés comme suffisamment pauvres pour récupérer quelques miettes.
Et le gouvernement appelle cela « soutenir le pouvoir d’achat ».
C’est admirable.
Plutôt que d’alléger certains prélèvements lorsque les prix de l’énergie étranglent les ménages, l’État préfère conserver la recette fiscale et organiser ensuite la redistribution. Il faut donc prélever l’argent, le faire entrer dans la machine administrative, déterminer qui peut en récupérer, gérer les fichiers, les demandes et les réclamations, puis communiquer triomphalement sur le chèque envoyé.
Tout cela pour rendre aux Français une partie de l’argent public qu’ils ont eux-mêmes financé.
Le véritable génie du système est politique. Une baisse de taxe laisse simplement l’argent chez celui qui l’a gagné. Aucun ministre ne peut s’en attribuer le mérite. Avec un chèque, c’est différent : le contribuable devient « bénéficiaire ». L’État peut alors apparaître comme son bienfaiteur.
On vous prend 100. On vous rend 10. Puis celui qui garde 90 vient expliquer devant les caméras qu’il vient de vous aider.
À ce niveau-là, ce n’est plus de la redistribution, c’est de la prestidigitation.
Macron parlait de « poudre de perlimpinpin ». Bercy a perfectionné la formule : prélever, redistribuer, communiquer. Et surtout ne jamais poser la question obscène : pourquoi prendre autant avant de prétendre aider ceux qui paient ?
Le chèque énergie résume finalement à merveille la conception française du pouvoir d’achat : votre argent devient d’abord celui de l’État, puis l’État décide généreusement quelle fraction de votre propre argent vous pouvez récupérer.
Le contribuable paie donc deux fois : une première fois avec son portefeuille, une seconde en devant écouter le gouvernement se féliciter de sa générosité.
Le plus beau hold-up fiscal est celui où le braqueur vous rend un billet à la sortie et exige un merci.
@BPARTISANS
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