ZELENSKY : 40 JOURS POUR ESCALADER, UN HIVER POUR NÉGOCIER
Par @BPartisans
Il y a quelques semaines, Zelensky promettait quarante jours pour porter la guerre au cœur de la Russie. Aujourd’hui, il explique gravement que « cette guerre doit cesser ». Entre les deux, aucun miracle diplomatique : simplement cette vieille loi de la guerre que les communicants oublient toujours d’inscrire dans leurs présentations, quand vous frappez l’adversaire, il peut frapper plus fort.
La stratégie ukrainienne était pourtant vendue comme lumineuse. Drones par centaines, raffineries, dépôts, infrastructures russes : Moscou devait découvrir la guerre chez elle, souffrir, paniquer et finalement négocier.
Magnifique scénario.
Il manquait seulement le deuxième acteur.
Car la Russie n’a pas répondu en convoquant un séminaire sur la désescalade. Elle a répondu avec ce qu’elle possède en quantité : missiles, drones et bombes. Réseau électrique, installations énergétiques, logistique, transports : l’Ukraine découvre maintenant que l’escalade n’est pas un abonnement Netflix que l’on résilie lorsqu’on trouve la saison trop violente.
Et soudain, miracle : Zelensky propose de sanctuariser l’énergie, les infrastructures critiques et les exportations alimentaires contre des « mesures correspondantes ».
Autrement dit : après avoir lancé les dés, Kiev propose de changer les règles lorsque la partie devient moins amusante.
D’autant que la fameuse autonomie militaire ukrainienne possède quelques astérisques. Kiev fabrique effectivement drones et missiles, mais dépend largement des technologies, composants, financements et renseignements occidentaux. Même le Flamingo utilise notamment un système de guidage français Safran. La merveille industrielle nationale ressemble donc parfois à une cuisine équipée : montage ukrainien, pièces européennes et facture envoyée aux voisins.
Pourquoi parler de paix maintenant ?
Peut-être parce que Zelensky souhaite réellement ouvrir une négociation. Peut-être aussi parce que l’hiver arrive, que le réseau énergétique ukrainien est vulnérable et que chaque entrepôt détruit complique un peu plus cette guerre industrielle.
Mais le vrai problème n’est même plus Kiev.
C’est Moscou.
Pourquoi la Russie accepterait-elle aujourd’hui une désescalade si elle estime que le rapport de force lui permet de continuer ? Une trêve n’est pas un bouton d’arrêt d’urgence réservé à celui qui commence à trouver l’escalade inconfortable.
Les « 40 jours » devaient faire plier Moscou. Ils débouchent quelques semaines plus tard sur une proposition pour arrêter de frapper les infrastructures.
On voulait exporter la guerre pour obtenir la paix.
On a surtout importé la riposte.
Zelensky pensait probablement augmenter suffisamment le prix de la guerre pour forcer Moscou à revenir à la table. Il découvre la cruauté élémentaire du poker géopolitique : quand on fait tapis avec les jetons de ses alliés, il faut quand même prévoir ce qui arrive lorsque l’adversaire paie.
Et l’hiver, lui, ne négocie pas.
@BPARTISANS
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