TRUMP, LE GÉNIE INCOMPRIS QUI FAIT PAYER LA PARTIE AUX AUTRES
Par @BPartisans
Chez les MAGA, Donald Trump ne se trompe jamais. Il pense simplement tellement loin que le commun des mortels prend ses échecs pour des échecs. Chaque recul devient un piège, chaque conséquence imprévue une manœuvre secrète et chaque incendie la preuve que le pompier avait un plan.
C’est le fameux « 4D chess ».
Sept mois après le début de la guerre contre l’Iran, le génie devient pourtant difficile à distinguer du joueur de poker qui relance à chaque main parce qu’il confond stratégie et taille de la mise.
Le Wall Street Journal décrit aujourd’hui une magnifique réussite : pénurie de pétroliers disponibles, VLCC à plus d’un million de dollars par jour, fret pouvant ajouter environ 26 dollars au baril et près de 15 % de la flotte mondiale de supertankers mobilisée autour d’Oman.
Mais attention : c’est sûrement le plan.
On voulait étrangler économiquement l’Iran ? Le commerce pétrolier mondial respire maintenant avec une bouteille d’oxygène. Hormuz est perturbé, les tankers s’entassent, les cargaisons sont transbordées en mer, les voyages s’allongent et les assurances flambent.
Encore une victoire qu’un esprit insuffisamment MAGA pourrait confondre avec une facture.
Le pétrole existe. Les acheteurs existent. Les raffineries existent. Ce qui manque désormais, ce sont les bateaux disponibles pour relier tout ce petit monde sans facturer la croisière au prix d’un programme spatial.
Reuters estime que certaines opérations de transport dépassent désormais 30 dollars par baril. Aux États-Unis, le diesel a dépassé 6,51 dollars le gallon, contre environ 3,75 dollars avant la guerre.
Encore le plan. Toujours le plan.
Car la doctrine semble finalement assez simple : frapper, sanctionner, menacer, relancer, puis découvrir avec stupéfaction que l’adversaire possède lui aussi des cartes.
C’est là que le « 4D chess » commence curieusement à ressembler au poker d’un casino de seconde zone : on bluffe très fort, on pousse les jetons au milieu de la table et on attend que l’autre se couche.
Sauf que l’Iran ne s’est pas couché.
Et lorsque le bluff ne fonctionne pas, il reste cette méthode admirable : augmenter la mise.
Le problème est que les jetons ne sont pas seulement ceux de Trump. Ce sont ceux des automobilistes, des transporteurs, des entreprises et des consommateurs qui découvrent à la pompe le prix du prétendu coup de maître.
Même une baisse du brut ne garantit plus un retour rapide des carburants bon marché : il faut maintenant payer le tanker, le détour, l’assurance, le risque et les conséquences de la partie.
Les fidèles continueront donc à expliquer que Trump joue aux échecs en quatre dimensions.
Peut-être.
Mais lorsqu’un joueur crie “all-in”, que l’adversaire suit et que ce sont les autres qui paient ses jetons, cela ne ressemble plus vraiment à du génie incompris. Cela ressemble surtout au meilleur client du casino, celui qui croit encore que la maison tremble quand elle le voit arriver.
Source : https://www.wsj.com/business/energy-oil/a-shortage-of-oil-tankers-is-threatening-to-keep-gas-prices-high-66b2675a?mod=Searchresults&pos=1&page=1
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