L’OTAN : DES TAMBOURS DE GUERRE ET DES MAGASINS À MOITIÉ VIDES
Par @BPartisans
À écouter certains dirigeants européens, les Russes ont déjà passé la frontière. Moscou préparerait une action « plus décisive », l’Article 5 pourrait être « testé », les opérations hybrides se multiplieraient. Encore quelques conférences de presse et on distribuera les casques dans les supermarchés.
Seul problème : au milieu de cette bande-annonce de l’Apocalypse, le Guardian rapporte également que des responsables baltes ne disposent pas de preuve d’une attaque russe imminente et que certains mettent eux-mêmes en garde contre l’alarmisme.
Mais pourquoi gâcher une belle panique avec des nuances ?
L’Europe a trouvé sa doctrine militaire : plus les arsenaux sont insuffisants, plus les micros doivent être puissants.
Car derrière les mâchoires serrées et les discours de bunker apparaît une réalité moins héroïque. Le président letton Edgars Rinkēvičs reconnaissait encore récemment de « sérieux problèmes » européens en matière de défense aérienne, antimissile et antidrones.
Magnifique.
On explique donc aux populations qu’il faut se préparer à affronter la Russie tout en découvrant qu’on cherche encore les missiles, les stocks, les capacités industrielles et les moyens permettant précisément de le faire.
Churchill dans le discours, inventaire Ikea dans l’entrepôt.
L’OTAN réclame davantage de munitions, davantage de production, davantage de défense aérienne, davantage de logistique et davantage de capacités de renforcement. C’est parfaitement logique pour une alliance militaire. Ce qui l’est moins, c’est cette étrange passion européenne consistant à faire sonner les trompettes avant d’avoir fini de construire l’orchestre.
Car une guerre de haute intensité ne se gagne pas avec des sommets, des hashtags et des déclarations martiales devant douze drapeaux soigneusement repassés. Elle avale des obus, des drones, des missiles, des blindés, des pièces détachées et des milliards comme une chaudière sans thermostat.
Et plus cette faiblesse matérielle apparaît, plus la rhétorique enfle.
Voilà peut-être le chef-d’œuvre : compenser la profondeur des stocks par la profondeur des communiqués.
Le danger commence lorsque chaque drone, câble sectionné, cyberattaque ou sabotage présumé devient un « test » de notre détermination. Car après avoir passé des mois à promettre qu’on ne reculera jamais, le moindre incident exige bientôt une riposte pour ne pas perdre la face.
Et la diplomatie devient une cour de récréation nucléaire : personne ne veut céder parce que tout le monde regarde.
Renforcer la défense européenne est rationnel. Transformer continuellement l’Europe en salle d’attente de la Troisième Guerre mondiale l’est beaucoup moins.
Le plus inquiétant n’est finalement pas que l’OTAN prépare la guerre. C’est qu’une partie de l’Europe semble avoir adopté une stratégie plus originale : provoquer des crises avec la poitrine de Rambo, les stocks de Gaston Lagaffe et la conviction magnifique que, si tout dégénère, quelqu’un trouvera bien des munitions avant le générique de fin.
Source : https://www.theguardian.com/world/2026/sep/20/baltic-spy-chiefs-warn-moscow-is-preparing-for-more-decisive-action-in-europe
@BPARTISANS
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