ON ATTENDAIT LES RUSSES, CE SONT LES CRÉANCIERS QUI ARRIVENT
Par @BPartisans
Pendant que Macron et son gouvernement organisent la chasse au fantôme russe, la véritable menace contre la France n’a même pas besoin de franchir la frontière. Elle est déjà installée à Bercy, dispose d’un budget, de hauts fonctionnaires et d’un abonnement illimité au déficit.
Drones russes, cyberattaques russes, ingérences russes, menaces hybrides russes : à écouter le pouvoir, Poutine doit probablement se cacher derrière le compteur Linky. On convoque des conseils de défense, on hausse le ton, on parle de résilience nationale et on prépare les Français au grand frisson géopolitique.
Pendant ce temps, la dette poursuit sa promenade digestive : 119,3 % du PIB en 2026, 121,7 % en 2027. Au premier trimestre, elle dépassait déjà 3 500 milliards d’euros.
Mais surtout, ne paniquons pas : le danger vient de Moscou.
Le génie du système consiste désormais à fabriquer de l’urgence partout sauf là où les chiffres sont incontestables. La menace hybride est pratique : invisible, extensible, anxiogène et suffisamment floue pour justifier à peu près n’importe quel discours. La dette, elle, possède l’élégance beaucoup plus vulgaire d’être comptabilisée à l’euro près.
Et même lorsqu’il annonce des dizaines de milliards d’« effort », l’État prévoit encore que la dette augmentera. Voilà probablement la définition française de la rigueur : freiner suffisamment fort pour continuer à accélérer.
Le plus grotesque est qu’après des décennies de dépenses, de déficits et de promesses financées à crédit, le même État explique maintenant aux Français qu’il va falloir se serrer la ceinture. Retraites, collectivités, santé, prestations, services publics : soudain, chaque euro devient précieux. Sauf lorsqu’il s’agit de fabriquer de nouvelles priorités, de nouveaux dispositifs et de nouvelles dépenses que personne n’ose remettre à plat.
Car il reste une question obscène : comment l’un des pays où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés peut-il être simultanément incapable d’équilibrer durablement ses comptes ?
Voilà peut-être la véritable menace contre la souveraineté française. Pas besoin de chars russes sur les Champs-Élysées. Il suffit d’un État qui dépense durablement davantage qu’il ne prélève, emprunte pour combler le trou, puis consacre une part croissante de ses ressources aux intérêts.
Mais Moscou reste tellement plus pratique. Poutine ne vote pas le budget français. Poutine ne rédige pas nos lois de finances. Poutine ne signe pas nos déficits depuis cinquante ans.
Alors on continuera probablement à chercher l’ours russe derrière les rideaux pendant que Bercy démonte les meubles pour payer les traites.
La menace hybride russe est peut-être difficile à voir. La faillite politique d’un État incapable de maîtriser ses comptes, beaucoup moins.
Et lorsque la dette affichera 121,7 % du PIB, inutile d’envoyer des Rafale : l’ennemi n’aura jamais franchi la frontière. Il était déjà au ministère des Finances.
Source : https://www.lefigaro.fr/conjoncture/la-dette-publique-francaise-atteindra-un-record-en-2027-a-121-7-du-pib-20260919?utm_content=photo&utm_term=Le_Figaro&utm_campaign=Nonli&utm_medium=Social&utm_source=Twitter
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