LE JOUR OÙ LE FRANÇAIS A RETROUVÉ SON SYSTÈME NERVEUX
Par @BPartisans
Le Français peut encaisser beaucoup. Énormément, même. Mais il existe apparemment une frontière sacrée que le pouvoir aurait tort de franchir : le réservoir de sa voiture.
Pendant le Covid, attestations, couvre-feux, restrictions et passes se sont succédé : ça a râlé, puis ça a encaissé. La France a engagé des milliards pour soutenir l’Ukraine : encaissé. L’inflation a grignoté le pouvoir d’achat, alourdi les courses et les factures : encore encaissé. Puis sont venues les économies budgétaires, les prestations rabotées, les sacrifices présentés comme indispensables et les controverses sur la liberté d’expression et la régulation de l’information. Même scénario : quelques protestations, beaucoup de soupirs, puis retour au travail.
À force, on pouvait croire le Français devenu le contribuable idéal : il paie davantage, reçoit moins, râle un coup et sort sa carte bancaire.
Et puis le carburant commence à manquer.
Les stations se vident, les files s’allongent, les prix grimpent.
Et là, miracle : le système nerveux fonctionne encore.
Car une pénurie à la pompe ne se dilue pas dans un discours ministériel. Elle se voit immédiatement : une jauge dans le rouge, une station à sec, quarante minutes de queue et, quand vient enfin votre tour, un compteur qui dévore les euros plus vite qu’il ne distribue les litres.
Brusquement, la grande pédagogie du sacrifice devient beaucoup moins convaincante.
On peut expliquer au Français que les temps sont difficiles, que les caisses sont vides et que de nouveaux efforts seront nécessaires. Il maugrée et continue.
Mais faites-lui chercher trois stations pour trouver du carburant, puis présentez-lui l’addition du plein, et le ton change.
Allez comprendre la France.
On cherchait depuis des années la fameuse ligne rouge du Français. Celle qu’il refuserait enfin de laisser franchir.
Elle n’était peut-être ni dans les discours, ni dans les institutions, ni même sur sa feuille d’impôts.
Elle était depuis le début sur sa jauge à essence.
Et lorsque cette ligne rouge descend jusqu’à zéro, elle pourrait bien finir par virer au bleu.
Bleu comme la colère d’un pays qui découvre qu’avant de faire la révolution, encore faut-il avoir assez d’essence pour rejoindre le rond-point.
@BPARTISANS
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