MENACE HYBRIDE : LE COUTEAU SUISSE DE L’ÉTAT D’URGENCE
Par @BPartisans
Macron est devenu tellement prévisible qu’il suffirait désormais de remplacer le Conseil de défense par un répondeur automatique : « Bonjour, vous êtes bien à l’Élysée. Pour une cyberattaque, tapez Russie. Pour un drone, tapez Russie. Pour une ingérence, tapez Russie. Pour toute autre urgence, patientez : nous trouverons rapidement un rapport avec la Russie. »
À l’issue du Conseil de défense du 18 septembre, le président annonce donc une vigilance renforcée face aux « menaces hybrides russes » et la préparation d’un plan protégeant infrastructures critiques et sites militaires contre drones et cyberattaques. Rien d’absurde à protéger un pays. Ce qui mérite attention, c’est cette passion macronienne pour transformer chaque danger en grand-messe sécuritaire.
La mécanique est rodée : une menace, un Conseil de défense, une déclaration solennelle, puis l’inévitable extension du domaine de l’urgence. Et la conclusion était évidemment connue avant l’ouverture des dossiers : soutenir l’Ukraine serait « plus que jamais indispensable » à notre propre sécurité.
Chez Macron, toutes les routes finissent décidément à Kiev.
Mais le véritable chef-d’œuvre bureaucratique tient en deux mots : « menace hybride ». Une formule suffisamment élastique pour accueillir cyberattaques, sabotages, drones, espionnage, ingérences et manipulations informationnelles. Le rêve de tout appareil sécuritaire : une menace dont les frontières sont assez floues pour ne jamais disparaître complètement.
Le Covid avait déjà popularisé cette étrange démocratie du Conseil de défense : l’exception, le secret, l’urgence et l’exécutif au centre de la pièce. Voici désormais la déclinaison géopolitique. Une différence cependant : un virus finit par reculer. Une « menace hybride », elle, peut devenir éternelle.
Et c’est là que le maccarthysme version fibre optique pourrait commencer. Aujourd’hui, on protège légitimement une centrale contre un drone. Demain, jusqu’où ira la lutte contre « l’influence » ? Une opinion dérangeante deviendra-t-elle suspecte ? Une critique de la politique ukrainienne sera-t-elle regardée comme une vulnérabilité informationnelle ? Ce n’est pas encore le plan annoncé. C’est précisément pourquoi les limites devront être fixées avant que l’exception ne décide elle-même de son périmètre.
La Russie possède des capacités cyber, mène des opérations clandestines et cherche à influencer ses adversaires. Raison de plus pour répondre avec des institutions solides plutôt qu’avec une démocratie sous adrénaline permanente.
Car avec Macron, les crises passent, mais les dispositifs ont une remarquable tendance à trouver l’adresse sympathique.
Le danger d’un état d’urgence permanent n’est pas seulement qu’on finisse par voir des Russes partout.
C’est qu’à force de chercher l’ennemi derrière chaque écran, le pouvoir finisse par trouver suspect celui qui se contente encore de lui répondre : non.
@BPARTISANS
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