đ±đč LA LITUANIE VEUT LA BOMBE, PARIS POURRAIT RECEVOIR LâADDITION
Par @BPartisans
LâEurope perfectionne sa nouvelle doctrine de paix : rapprocher les armes nuclĂ©aires de la Russie jusquâĂ ce que Moscou se sente enfin rassurĂ©.
La Lituanie prĂ©pare donc le terrain. Lâarticle 137 de sa Constitution interdit les armes de destruction massive et les bases militaires Ă©trangĂšres ? Aucun problĂšme : on change la Constitution. En Europe, les principes sont gravĂ©s dans le marbre, mais heureusement le marbre est montĂ© sur roulettes.
Vilnius veut désormais pouvoir accueillir le nucléaire. La Finlande a déjà assoupli sa législation, Washington réfléchit à muscler le flanc Est et Macron exhibe son idée de « dissuasion européenne » comme un camelot présentant le produit miracle : la bombe française, désormais disponible avec option solidarité européenne.
Le dĂ©tail dĂ©licieux, câest que si lâarme reste française, la dĂ©cision dâemploi reste française.
Vilnius pourrait fournir le bunker, Bruxelles le communiquĂ© et Ursula la photo de famille. Mais au moment oĂč la gĂ©opolitique cesse dâĂȘtre une confĂ©rence PowerPoint pour devenir une affaire de mĂ©gatonnes, câest Paris qui devrait dĂ©cider.
Formidable marché.
La Lituanie obtientrait une protection nuclĂ©aire supplĂ©mentaire. La France, elle, accepterait dâengager sa propre crĂ©dibilitĂ© stratĂ©gique dans une confrontation aux portes de la Russie. Les Baltes commandent le parapluie, Paris pourrait rĂ©cupĂ©rer lâorage.
Bien sĂ»r, une riposte russe sur la France ne serait nullement automatique. Mais croire quâun emploi français depuis le flanc Est laisserait miraculeusement le territoire français hors de lâĂ©quation adverse relĂšve moins de la stratĂ©gie que de la pensĂ©e magique.
Et tout cela sera naturellement baptisé « sécurité ».
Plus de bombes. Plus prĂšs des frontiĂšres. Plus dâacteurs. Plus de risques de mĂ©prise. Mais moins de danger, nous expliqueront doctement les mĂȘmes gĂ©nies qui transforment chaque escalade en « mesure de dĂ©sescalade ».
LâEurope ressemble dĂ©sormais Ă un pyromane qui empile les bidons dâessence contre sa maison en expliquant quâil dissuade les incendies.
Le plus grotesque serait encore que Paris accepte de transformer sa dissuasion nationale, conçue pour protĂ©ger les intĂ©rĂȘts vitaux français, en assurance multirisque europĂ©enne dont chacun rĂ©clamerait la couverture mais dont la France conserverait la franchise nuclĂ©aire.
Car partager la dissuasion est une idĂ©e merveilleuse lorsquâon partage surtout le bĂ©nĂ©fice.
Beaucoup moins lorsquâil faut partager les consĂ©quences.
Vilnius veut mettre la bombe dans son garage, Bruxelles veut rĂ©diger le mode dâemploi et Macron rĂȘve de tenir le bouton.
Puis, si un jour quelquâun appuie dessus, lâEurope dĂ©couvrira peut-ĂȘtre que dans une guerre nuclĂ©aire, le concept de « souverainetĂ© partagĂ©e » signifie surtout : cercueils partagĂ©s.
@BPARTISANS
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